mardi 23 décembre 2014

Bombardement collatéral en Cerdagne, janvier 1938

L'ancien poste de douane entre Puigcerdà et Bourg-Madame
En janvier 1938, l'Espagne est en pleine guerre civile. Le camp nationaliste, sous l'autorité de Franco, n'a pas encore pris la Catalogne (Barcelone ne tombera qu'un an plus tard) et les républicains viennent de reprendre Teruel en Aragon quinze jours plus tôt. Dans l'épisode narré ci-dessous, l'aviation nationaliste vient bombarder pour la première fois, en ce 23 janvier 1938, les positions républicaines situées à Puigcerdà en Cerdagne, près de la frontière française. Seul un pont enjambant le Rahur, un petit affluent du Sègre, sépare Puigcerdà de Bourg-Madame et l'Espagne de la France, il y a alors forcément des dégâts collatéraux sur le sol français, notamment à Bourg-Madame, Osséja et Angoustrine.

L'Ouest-Éclair (Éd. de Caen), 24 janvier 1938


Au cours du bombardement de Puigcerda
des projectiles tombent en territoire français

Perpignan, 23 janvier. - Cet après-midi, deux groupes d'avions nationalistes comprenant quatorze appareils, dont dix de chasse, ont survolé Puigcerda qu'ils ont bombardé pendant vingt minutes.
Les avions ont lâché une trentaine de bombes. L'une d'elles a atteint un hôtel où un certain nombre de personnes ont été tuées.
Divers bâtiments de la gare ont été détruits, ainsi qu'une ferme située à proximité. Les avions ont survolé le territoire français à deux reprises. Des bombes sont tombées à Osseja où deux gardes mobiles français en surveillance à la frontière se sont jetés sur le sol pour ne pas être atteints.
La population de Puigcerda, qui était bombardée pour la première fois, a été prise de panique et s'est enfuie vers la localité française de Bourg-Madame, située à quelques centaines de mètres, où les blessés ont reçu les premiers soins. On ne signale aucun blessé dans les villages français.

Des dégâts sur le sol français

Perpignan, 23 janvier. - Au cours du bombardement de Puigcerda, on confirme qu'un des projectiles a atteint l'hôtel Terminus, tuant plusieurs personnes. On ignore le nombre exact des morts.
Une dizaine de bombes sont tombées sur le sol français, dans des champs, sans faire de victime. Un projectile a démoli la guérite de deux gardes-mobiles français entre Bourg-Madame et Osseja. Plusieurs magasins de Bourg-Madame ont eu leur vitrines défoncées par la proximité des déflagrations.
Plusieurs blessés espagnols ont été soignés par M. Cazals, pharmacien, maire de Bourg-Madame.
Les gouvernementaux ont riposté avec leurs canons antiaériens, sans résultat, mais un de leurs obus est tombé près du village français d'Angoustrine, sans éclater.

Quelques remarques sur ces événements :
Puigcerdà semble avoir été bombardée du fait de la présence de troupes républicaines dans les environs. Toutefois, le maire de Puigcerdà, initialement à gauche, semble ensuite avoir pris parti pour les nationalistes suite au massacre du 9 septembre 1936 de 22 habitants de la commune par les anarchistes de la FAI. De nombreux Puigcerdans avaient alors trouvé refuge chez leurs parents installés du côté français à Bourg-Madame, dont le maire Thomas Casals (et non Cazals), élu en 1930, était lui-même un cousin du maire de Puigerdà, Jacques Cadefau, élu en 1931. On comprend alors mieux le détail de l'article signalant les soins prodigués par le maire de Bourg-Madame auprès des habitants de Puigcerdà. Thomas Casals finira lui aussi par se radicaliser à droite, allant jusqu'à saluer la victoire de Franco et rejoindre la Milice pétainiste, tandis que deux de ses fils participeront même à l'opération punitive du village de Valmanya, à la suite de laquelle plusieurs habitants et le résistant Julien Panchot trouvèrent la mort.

Sources  :
Article de L'Ouest-Éclair : Gallica (cf. lien)
Remarques : André Balent, La mémoire des Première et Deuxième guerres mondiale à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales). Réflexions autour d’un monument aux morts in Le Midi Rouge, n°12, décembre 2008, p19-25
Photo : Occitandu34 (CC-BY-SA via Wikimedia Commons)

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dimanche 14 décembre 2014

Adolphe Thiers en admiration devant le Canigou en 1822

Le jeune Adolphe Thiers
Adolphe Thiers (1797-1877) est surtout resté dans les mémoires comme le chef du Gouvernement qui négocie avec Bismarck puis fait écraser la Commune de Paris en 1871, avant de devenir le premier président de la Troisième République. On en oublie alors l'ensemble de sa carrière de journaliste et d'historien qui le mène tout de même à être élu à l'Académie Française alors qu'il a à peine 36 ans.

En 1822, Thiers n'a que 25 ans et veut voir du pays. Malgré des tracasseries administratives sans fin pour obtenir un visa, il se met en route jusqu'à Genève, visite la Savoie, la Provence puis se dirige vers les Pyrénées. Il publie ses impressions de voyage en 1823 sous le titre de Les Pyrénées et le Midi de la France pendant les mois de novembre et décembre 1822. Il y décrit son arrivée à Perpignan, qualifiée de pittoresque, et ses observations sur les autochtones. Quittant Perpignan tôt le matin, il se dirige ensuite vers Prades, et est alors impressionné par sa vision du massif du Canigou.

L'un des plus beaux spectacles que j'ai rencontré dans les Pyrénées, est celui dont je fus frappé en sortant de Perpignan, pour m'enfoncer dans les montagnes. C'était le matin, vers les six heures à-peu-près. Le froid était rigoureux, un vent impétueux et glacé soufflait des montagnes du Capsir, couvertes de neige ; et un jeune Roussillonnais, à la veste courte, au bonnet flottant, au visage court et vif, conduisait au galop quatre chevaux de Cerdagne, qui nous emportaient tout autour du Canigou. Entraînés par ce mouvement rapide, nous voyions se succéder tour-à-tour les têtes de ce mont superbe qui, placé à l'entrée des Pyrénées, les annonce d'une manière si imposante. La plaine n'avait encore reçu aucun rayon de soleil, lorsque tout-à-coup le Canigou reçut sur son front une teinte rose qui, se mariant à la blancheur des neiges, produisit une nuance d'une inexprimable douceur. Cette bande lumineuse s'agrandissant par l'élévation progressive du soleil, le pic supérieur semblait croître à mesure qu'il s'éclairait. Bientôt le mont tout entier fut inondé de lumière et de pourpre ; alors toutes ses formes, cachées dans l'obscurité se dessinèrent, à-la-fois, toutes ses saillies ressortirent, toutes ses profondeurs semblèrent s'enfoncer encore, et il parut acquérir une réalité qu'il n'avait pas. Le froid, le vent, la rapidité de la course ajoutaient à l'effet de ce grand spectacle ; le mouvement surtout le rendait enivrant. Mais cependant le plaisir n'était que pour les yeux ; le froid extrême ramenait les sens en eux-mêmes, et les empêchait de se répandre au-dehors.

Le massif du Canigou vu depuis les hauteurs de Perpignan


Thiers poursuit sa route et finit par arriver à Prades où il a cette remarque qui montre bien la réalité du pays à l'époque :

Prades est le premier bourg un peu considérable que l'on rencontre après Perpignan, et c'est aussi le dernier. Les voitures ne peuvent aller au-delà, et on ne peut voyager que sur des chevaux.

Il continue ensuite vers Mont-Louis et décrit les routes de montagne qu'il emprunte, sans toutefois retrouver l'impression saisissante que lui a laissé le mont Canigou, véritable maître du Roussillon.

Source :
* Adolphe Thiers, Les Pyrénées et le Midi de la France pendant les mois de novembre et décembre 1822, Paris, Ponthieu, 1823 (via Gallica) [domaine public]
Photos :
* Portrait anonyme, XIXè s. (via Wikimedia Commons) [domaine public]
* Canigou : photo de Poune  (via Wikimedia Commons) [CC-BY-SA]



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jeudi 11 décembre 2014

Le Byrrh désaltère sans débiliter en 1931

Une boisson tonique et hygiénique

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
L'entrée des entrepôts Byrrh en 1909
Inventé en 1866, le Byrrh, apéritif à base de vins, de quinquina et d'épices divers, est indissociable de la ville de Thuir dans les Aspres. Connue pour ses campagnes de publicité dynamiques dans la première moitié du XXème siècle, la marque a depuis perdu de son aura mais reste associée au patrimoine des Pyrénées-Orientales et ses entrepôts sont encore un objet de curiosité des visiteurs de notre région.

J'ai choisi ici de retranscrire une publicité pour le Byrrh datant de 1931 et parue dans la Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation. Moins colorée que les publicités destinées au grand public, je l'ai néanmoins trouvée intéressante pour le texte d'explication sur sa fabrication et sa consommation, destiné aux professionnels, et qui traduit bien les usages de l'époque.

Voici donc la retranscription de cette réclame.

BYRRH
Vin tonique et hygiénique
Maison L. Violet, à Thuir (P.-O.)
J. & S. Violet frères, successeurs

Le Byrrh est une boisson savoureuse, éminemment tonique et hygiénique.
Il est fait avec des vins vieux exceptionnellement généreux, mis au contact de quinquina et d'autres substances amères de premier choix.
Il emprunte à ces substances un arôme agréable et de précieuses propriétés cordiales ; et il doit aux vins naturels, qui seuls servent à sa préparation, une haute supériorité hygiénique sur les nombreux produits dont l'alcool est l'élément principal.
Grâce à la légitime réputation que lui ont value de pareilles qualités, le BYRRH a reçu du public l'accueil le plus empressé. Il compte aujourd'hui parmi les boissons classiques. On le trouve dans tous les établissements de consommation, ainsi que dans toutes les maisons de vente de spiritueux et de produits alimentaires.
Comme tonique hygiénique, le BYRRH se prend pur, à la dose d'un verre à Bordeaux.
Etendu d'eau fraîche ou, de préférence, d'eau de seltz, il devient une boisson qui désaltère parfaitement sans débiliter.

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales

De nombreux vins et apéritifs de l'époque se targuaient de leur effet tonique et hygiénique sur leurs consommateurs. Mais le Byrrh vous offrait de surcroît l'avantage de vous désaltérer tout en restant maître de toutes vos facultés ! Le Byrrh titre tout de même 17° et il semble pourtant peu probable que l'on reste sobre après une bouteille. Cela n'empêchera pas le succès de la marque qui, en 1950, construit la plus grande cuve en chêne du monde (1 000 200 litres) dans les entrepôts de Thuir.

Sources :
Article : Revue des vins et liqueurs et des produits alimentaires pour l'exportation (vol. 56, 1931) (via Gallica [cf. lien], domaine public).
Photo : Eugène Trutat (1840-1910) en 1909, via Rosalis [bib. numérique de Toulouse], domaine public. 
Photo article : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)

Le site de l'entreprise : www.caves-byrrh.fr


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lundi 8 décembre 2014

Création d'un club démocratique à Céret en 1848

L'année 1848 constitue une période agitée de l'histoire de France puisqu'une révolution met fin à la Monarchie de Juillet (1830-1848) et met en place la Deuxième république dès le mois de février.
Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République en décembre 1848. A Céret, les républicains s'organisent. Le document retranscrit ci-dessous ne précise pas quand en 1848 il a été publié. Toutefois, on se doute que cette année-là, la République est encore fragile et ses partisans cérétans éprouvent donc le besoin de se compter et de s'affirmer. Ils proposent donc la création d'un club républicain.


République française
Liberté, égalité, fraternité

Habitans de Ceret, nos Concitoyens, nos Frères,

Un Club vient de s'organiser. Son principal but est la propagation des principes démocratiques tels que les entendent et les pratiquent les hommes sages et vertueux.
Liberté pour tous, Égalité entre tous, Fraternité la plus cordiale. - Voilà ce que veulent les fondateurs de ce Club, c'est vous dire qu'ils n'excluent aucun de leurs frères et que tous seront reçus à bras ouverts.

Venez donc à nous, vous tous qui voulez la République dans toute sa pureté, qui voulez l'ordre dans la liberté, le respect des personnes et des propriétés, venez à nous, apportez à l'œuvre commun votre concours, associez-vous à vos concitoyens qui vous appellent de leurs vœux et bientôt cette cité donnera l'exemple d'une seule famille marchant droit et ferme à la conservation des droits de l'homme inscrits en caractères ineffaçables en tête de nos constitutions.

VIVE LA RÉPUBLIQUE !

[Perpignan, de l'imprimerie de Mlle A. Tastu .- 1848]

Notons qu'il y aura au moins deux clubs de la sorte à Céret. Tous deux seront interdits par les autorités à partir de 1851, peu avant le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851 et qui fera de lui un empereur un an plus tard.

Retrouvez ici toutes les histoires en rapport avec Céret.

Sources :
Document : Gallica (domaine public)
Précisions Céret : Pierre Cantaloube, Céret et les ponts du Tech, Saint-Estève (Pyrénées-Orientales), Les Presses Littéraires, coll. « Le Tech et ses franchissements »,‎ 2004, ISBN 2350730093
Photo : Fabricio Cardenas (CC-BY-SA)


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dimanche 7 décembre 2014

Miss Pyrénées-Orientales élue Miss France en 1938

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans Le Figaro
Annie Garrigues, originaire de Perpignan, est élue Miss Pyrénées-Orientales en 1937 (le concours prend le nom de Miss Roussillon par la suite), puis élue Miss France en 1938. Le quotidien Le Petit Parisien ("Le plus lu des journaux du monde entier") du 15 juillet 1938 nous livre ses premières impressions peu après son élection. Annie Garrigues n'a alors que 19 ans et surprend tout le monde par sa réaction.


Miss France 1938 ne veut pas faire du cinéma

Mardi dernier avait lieu l'élection de « miss France 1938 », qui représentera notre pays à la grande compétition internationale pour le titre de  « miss Europe 1938 » à Copenhague.
Devant un jury présidé par M. Maurice de Waleffe, et dans lequel on remarquait le metteur en scène Abel Gance, les peintres J. Gabriel Domergue et Beltran Masses, le maître photographe G.-L. Manuel, quatre-vingts candidates se présentèrent.
Il en était venu de partout : de l'Est et de l'Ouest, de Lille et de Clermont-Ferrand, et des Parisiennes bien entendu, beaucoup de Parisiennes... Ce fut une brune Perpignanaise aux yeux bleus, Mlle Annie Garrigues, qui se vit enfin, après des éliminatoires sévères, décerner le titre envié de « miss France 1938 ».
Annie Garrigues, qui a dix-neuf ans, déclara naturellement qu'elle était bien contente d'avoir été choisie. Elle n'ajouta pas qu'elle essayerait de faire encore mieux la prochaine fois, puisqu'on ne peut déployer plus de grâce et plus de charme qu'elle n'en montra devant les membres du jury, mais, aux nombreux reporters qui l'interrogeaient immédiatement après son élection, elle fit une déclaration assez surprenante :
- Je ne veux pas faire de cinéma ni de théâtre ! dit-elle en rougissant un peu.
Voilà qui est assez imprévu, n'est-ce-pas ! C'est bien la première fois qu'une reine, qu'une madelon ou une muse de quelque chose fait un semblable aveu...
Annie Garrigues était sans doute fort troublée par le grand honneur qui venait de lui échoir. Elle n'a pas réfléchi. Gageons que dans quelques mois, au retour de Copenhague, par exemple, si elle est élue « miss Europe 1938 », elle aura changé d'avis !

René Manévy

Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans Le Journal

Candidate malheureuse au titre de Miss Europe 1938, il semble qu'Annie Garrigues n'ait réellement jamais fait de cinéma, puisque son nom est inconnu de toutes les grandes bases de données cinématographiques. Elle est donc rapidement oubliée dès les années qui suivent.

Certains membres du jury peuvent surprendre. D'autres semblent plus à leur place dans cet événement. Abel Gance (1889-1981) est un célèbre réalisateur qui en 1938 avait déjà tourné une quarantaine de films parmi lesquels J'accuse et Napoléon. Jean-Gabriel Domergue (1889-1962) est un artiste peintre se revendiquant comme l'inventeur du stéréotype de la pin-up et ayant peint beaucoup de femmes très dénudées... Federico Beltrán Masses (1885-1949) est un peintre espagnol ayant gagné sa reconnaissance à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il semble avoir eu beaucoup d'amis parmi les membres de la jet-set d'Hollywood de l'époque, à qui ses tableaux ont beaucoup plu. Il a également peint de nombreux portraits de femmes séductrices. Il est étrange que le journaliste mentionne "G.-L. Manuel" puisque ce nom renvoie en fait à deux frères photographes, Gaston et Lucien Manuel, fondateurs d'un studio photographique en 1900 à Paris. Peut-être un seul des deux était-il présent dans le jury. Le président du jury Maurice de Waleffe, quant à lui, est le créateur dès 1920 du concours de « la plus belle femme de France », qui allait devenir « miss France » par la suite.


Vieux papiers des Pyrénées-Orientales
Annie Garrigues dans La Vie parisienne


Source : Le Petit Parisien du 15 juillet 1938 (coll. BnF via Gallica [cf. lien], domaine public)
Photos : 
Le Figaro, 13 juillet 1938 (coll. BnF via Wikimedia Commons, domaine public)
Le Journal, 10 septembre 1938 (coll. BnF, via Gallica, domaine public)
La Vie parisienne, 2 juillet 1938 (coll. BnF, via Gallica, domaine public)



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samedi 6 décembre 2014

Un homme heureux à Bouleternère en 1891

Le village de Bouleternère
L'Indépendant de Mascara (bihebdomadaire d'Algérie) du 21 mai 1891 nous rapporte le cas d'un héritage inespéré ayant bénéficié à un pauvre agriculteur de Bouleternère, en Ribéral.

Un homme heureux . - Un pauvre cultivateur de Bouleternère (canton de Vinça), nommé Adroher, vient d'hériter un million d'un de ses oncles M. Commes, récemment décédé. De plus, il devient propriétaire de plusieurs maisons que M. Commes possédait à Perpignan. Dans un de ces immeubles sis au quartier Saint-Mathieu, Adroher a, dit-on, trouvé plusieurs liasses de billets de banques, pour une valeur de 62,000 fr., que son oncle, un véritable Harpagon, avait cachées sous des briques.
Lorsque le notaire lui a appris cette bonne nouvelle Adroher a été saisi d'étonnement. Pour un homme heureux, voilà un homme heureux.


Pour rappel, concernant d'autres histoires concernant Bouleternère c'est ici en 1815 et là en 1891.

Source : L'Indépendant de Mascara. Radical autonomiste. Paraissant le jeudi et le dimanche (via Gallica, cf. lien) [domaine public]
Photo : Meria z Geoian (via Wikimedia Commons, CC-BY-SA)

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mercredi 3 décembre 2014

Le mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales en novembre 1908

Le Roland dans son bassin à Banyuls-sur-Mer en 1895
La Lanterne (Paris) du 19 novembre 1908 nous informe des conséquences du mauvais temps dans les Pyrénées-Orientales.

Le mauvais temps

Perpignan, 17 novembre. - La tempête a redoublé de violence dans la nuit. Sur le littoral méditerranéen, la mer est très grosse.
A Canet, des vagues ont envahi les villas.
A Banyuls-sur-Mer, le bateau à vapeur Roland du laboratoire zoologique Arago, amarré dans le bassin spécial, est perdu.
A Argelès-sur-Mer (arrondissement de Céret), la rivière Massane a débordé, inondant la plaine et causant des dégâts sérieux.

Le navire le Roland, utilisé par le laboratoire Arago, avait été financé à partir de 1890 par le prince philanthrope, géographe et naturaliste Roland Bonaparte, petit-fils de Lucien (second frère de Napoléon).

Sources :
* Article : Gallica (cf. lien) [domaine public]
* Photo : Société de Géographie (1895) [coll. BnF, domaine public]

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